Quand les vacances ne reposent pas

Pourquoi certaines personnes

se sentent-elles plus anxieuses, plus fatiguées

ou plus tristes pendant leurs vacances.

Pourquoi certaines personnes se sentent-elles

plus anxieuses, plus fatiguées

ou plus tristes pendant leurs vacances ?

Nous les attendons parfois pendant des semaines.

Nous comptons les jours avant le départ, imaginons les matinées sans réveil, les repas qui s'éternisent, les promenades, la mer, la montagne, les retrouvailles ou simplement le plaisir de ne plus avoir d'horaires.

Les vacances représentent souvent une promesse de récupération.

Enfin, je vais pouvoir souffler.

Et pourtant, lorsque le moment arrive, quelque chose d'inattendu peut se produire.

On se sent fatigué.

On dort mal.

On devient plus irritable.

On pense davantage.

On ressent de l'anxiété.

Parfois même, une forme de tristesse ou de vide apparaît.

Alors une question peut devenir très culpabilisante :

« Pourquoi est-ce que je ne profite pas alors que je suis en vacances ? »

La réponse est pourtant loin d'être aussi simple.

Le corps s'arrête avant que l'esprit ne ralentisse

Notre quotidien nous impose souvent un rythme soutenu.

Travail, responsabilités, obligations familiales, rendez-vous, tâches domestiques, démarches administratives, préoccupations financières…

Nous avançons.

Nous organisons.

Nous gérons.

Nous faisons.

Et nous continuons parfois à fonctionner alors même que nous sommes déjà fatigués.

Le passage aux vacances ne provoque pas automatiquement un changement immédiat de notre état intérieur.

Le corps peut quitter le rythme professionnel.

Mais le système de pensée, lui, peut continuer à fonctionner comme avant.

On peut être installé au bord d'une piscine et continuer à penser au travail.

On peut être face à la mer et ruminer une conversation.

On peut être dans un magnifique paysage et ressentir une inquiétude concernant l'avenir.

Le changement de décor ne suffit pas toujours à produire un changement intérieur.

Le fameux « contre-coup »

Il arrive également que la fatigue apparaisse précisément au moment où nous nous arrêtons.

Cela peut sembler paradoxal.

Pourquoi tombe t-on malade au début des vacances ?

Pourquoi avons-nous soudain envie de dormir ?

Pourquoi nous sentons nous épuisés alors que nous venons justement de commencer à nous reposer ?

Pendant les périodes intenses, nous pouvons fonctionner grâce à l'action, aux contraintes et à la nécessité d'avancer.

Lorsque la pression diminue, le corps peut enfin laisser apparaître une fatigue qui était déjà présente.

Le repos ne crée donc pas nécessairement cette fatigue.

Il peut simplement permettre de la ressentir.

Quand le silence fait remonter

ce qui était resté en arrière-plan

Le quotidien est parfois un formidable écran de distraction.

Non pas nécessairement au sens négatif.

Mais parce qu'il nous occupe.

Lorsque les journées sont remplies, certaines préoccupations restent en arrière-plan.

Puis arrivent les vacances.

Les agendas se vident.

Les sollicitations diminuent.

Le silence apparaît.

Et avec lui, parfois, certaines pensées.

« Est-ce que je suis vraiment heureux dans ma vie ? »

« Est-ce que cette relation me convient encore ? »

« Pourquoi suis-je toujours aussi fatigué ? »

« Qu'est-ce que je veux vraiment pour la suite ? »

« Pourquoi est-ce que je ressens ce vide alors que tout semble aller bien ? »

Ces questions peuvent être inconfortables.

Mais elles ne sont pas forcément le signe que les vacances se passent mal.

Elles peuvent être le signe qu'un espace intérieur vient de se libérer.

La pression de réussir ses vacances

Il existe aussi une autre difficulté, beaucoup plus contemporaine : l'injonction à profiter.

Les vacances doivent être réussies.

Il faudrait partir.

Découvrir.

Faire des activités.

Manger dans de beaux endroits.

Profiter du soleil.

Partager de beaux moments.

Prendre des photos.

Revenir avec des souvenirs.

Et surtout…

être heureux.

Cette dernière obligation est peut-être la plus lourde.

Parce qu'elle transforme une période censée être libératrice en une nouvelle performance.

Il ne faudrait pas seulement partir en vacances.

Il faudrait réussir ses vacances.

Alors lorsqu'une personne ressent de la tristesse ou de l'anxiété, elle peut ajouter à son malaise une seconde souffrance : la culpabilité de ne pas ressentir ce qu'elle pense devoir ressentir.

« Tout le monde profite, sauf moi. »

« Je devrais être heureux. »

« J'ai de la chance et pourtant je ne vais pas bien. »

Mais les émotions ne fonctionnent pas sur commande.

Les vacances peuvent aussi mettre les relations

sous les projecteurs

Pendant l'année, certains couples ou certaines familles vivent beaucoup en parallèle.

Les horaires professionnels, les enfants, les activités et les obligations occupent une grande partie de l'espace.

En vacances, les choses peuvent changer.

On se retrouve ensemble davantage.

Toute la journée parfois.

Cette proximité peut être agréable.

Mais elle peut aussi révéler des tensions qui étaient moins visibles.

Des différences de rythme.

Des attentes différentes.

Une difficulté à communiquer.

Un besoin d'espace personnel.

Ou simplement la découverte que l'on ne sait plus très bien quoi faire ensemble lorsque les obligations disparaissent.

Les vacances ne créent pas forcément ces difficultés.

Elles peuvent simplement les rendre plus visibles.

Et pour certaines personnes,

les vacances accentuent la solitude

Pour une personne seule, les vacances peuvent également avoir un effet particulier.

Voir les couples, les familles, les groupes d'amis peut accentuer le sentiment d'isolement.

Les réseaux sociaux peuvent renforcer cette impression.

On y voit des paysages magnifiques, des repas partagés, des sourires et des moments qui semblent parfaits.

Mais ce que nous voyons n'est jamais la totalité de la réalité.

Comparer son vécu intérieur avec l'image extérieure des autres peut alors devenir particulièrement douloureux.

Une personne peut se dire :

« Tout le monde passe de bonnes vacances sauf moi. »

Alors qu'en réalité, beaucoup de personnes vivent des émotions bien plus nuancées que ce qu'elles montrent.

Voyager ne signifie pas forcément fuir ce que l'on ressent

Changer de lieu peut faire du bien.

Prendre de la distance peut être précieux.

Découvrir un nouvel environnement peut ouvrir de nouvelles perspectives.

Mais partir ne signifie pas automatiquement laisser ses préoccupations derrière soi.

Nous emportons aussi notre histoire.

Nos habitudes de pensée.

Nos inquiétudes.

Nos blessures.

Nos questionnements.

Notre manière d'entrer en relation.

Notre rapport au temps et à nous-mêmes.

On peut changer de paysage sans changer immédiatement de monde intérieur.

Et c'est parfaitement humain.

Alors, que faire lorsque les vacances ne reposent pas ?

Peut-être commencer par ne pas se juger.

Ne pas se dire :

« Je suis incapable de profiter. »

Mais plutôt :

« Quelque chose se passe en moi. »

Observer.

Écouter.

Ralentir réellement, sans transformer le repos en programme supplémentaire.

S'autoriser à ne pas participer à toutes les activités.

Dormir si l'on est fatigué.

Prendre du temps seul si l'on en ressent le besoin.

Parler lorsque quelque chose nous pèse.

Et parfois simplement accepter de ressentir une émotion sans chercher immédiatement à la faire disparaître.

La tristesse n'annule pas les vacances.

L'anxiété ne signifie pas nécessairement que l'on a choisi la mauvaise destination.

La fatigue n'est pas un échec.

Et une journée passée sans « profiter » n'est pas une journée perdue.

Quand faut-il être davantage attentif ?

Une émotion ponctuelle peut simplement accompagner le changement de rythme.

En revanche, lorsque l'anxiété, la tristesse, l'irritabilité ou le sentiment de vide deviennent importants, persistent ou empêchent réellement de fonctionner, il peut être utile de ne pas rester seul avec cela.

Les vacances peuvent parfois être le moment où l'on prend enfin conscience d'un malaise qui était déjà présent.

Dans ce cas, le retour au quotidien ne devrait pas nécessairement servir à remettre immédiatement tout cela sous le tapis.

Il peut être intéressant de se demander :

Qu'est-ce que ces vacances m'ont appris sur moi ?

Et si le véritable repos était aussi intérieur ?

Nous associons souvent le repos à l'absence d'activité.

Mais se reposer peut prendre une autre dimension.

C'est parfois accepter de ne plus être constamment dans l'action.

C'est pouvoir ressentir.

Faire de la place.

Écouter.

Reconnaître ses limites.

Et peut-être entendre une question que le rythme habituel ne nous permettait pas d'entendre.

Les vacances ne créent pas toujours notre malaise.

Elles peuvent simplement nous donner suffisamment de silence pour l'entendre.

Alors, si vous êtes en vacances et que vous ne vous sentez pas aussi bien que vous l'aviez imaginé, ne concluez pas trop vite que vos vacances sont ratées.

Peut-être avez-vous simplement besoin de vacances qui ne soient pas seulement un changement de lieu…

Mais aussi, doucement, un changement de rythme intérieur.

Nomad' Thérapeute — Équilibre Nomade

Parce que vivre en mouvement, voyager, changer de rythme ou prendre une pause ne signifie pas que notre monde intérieur s'arrête.

Parfois, c'est justement lorsque tout ralentit que nous pouvons enfin l'écouter.


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